la Question du Nord Mali

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE MALI SOCIAL: 

Le Mali, notre beau pays hélas doit dans les décennies à venir faire face à la révolution, la vraie révolution, celle qui partira de nos brousses ou campagnes, pas celle émanant des villes.

En mars 1991, ce fut en réalité  » la Révolution de Bamako », même si toutes les régions du pays en ont ressenti les effets. C’était en fait une révolution d’intellectuels, de politiques qui avaient certes leurs visions pour le Mali, mais(pour certains) souvent mus par des intérêts tout à fait individuels et partisans.
Cette lutte a apporté la Démocratie et renforcé la Décentralisation . Ces deux processus complémentaires sont indéniablement les voies à suivre.  Mais la Démocratie venue pour libérer les énergies créatrices de tous les maliens a manqué d’intrants dont le premier est la distribution de la justice sociale. Aujourd’hui encore, la justice est loin des justiciables, car les Maliens ne connaissent pas la justice et ne connaissent même pas leurs droits et devoirs. La justice est loin des justiciables, car Dieu sait que le pauvre ou le faible dans la pratique n’a pas encore les mêmes chances que le riche ou le fort devant nos juridictions.

La Décentralisation si elle a privilégié la gouvernance locale a aussi apporté son cortège de frustrations collectives, de regressions sur le plan de la Démocratie et de la cohésion sociale se traduisant ainsi par des tendances ethnicistes, communautaristes voire régionalistes. Et à l’intérieur des terroirs, des communes, chacun réclame d’une manière ou d’une autre sa part de décentralisation, de Démocratie et de bien être social et économique… Et cela tarde à venir.

De 1968 à nos jours, les Dirigeants de notre pays ont eu à peu près la même gestion politico-administrative de l’intérieur du pays: comme la France, s’appuyer sur les ethnies ou fractions qui dominent les autres au nom d’une prétendue stabilité politique et sociale. Cette pratique pendant des décennies a légitimé les inégalités sociales, l’injustice, renforcé les plus forts et affaibli davantage les plus faibles! Les conséquences sont aussi réelles aujourd’hui qu’hier: existence de pratiques très apparentées à l’esclavage et à la vassalité chez certains peuples des régions du Nord, dans le Kingui; tensions permanentes entre agriculteurs et éléveurs(qui souvent ne sont pas égaux aux yeux des administrateurs); phénomènes de la traite des enfants,  de maltraitance des femmes…La liste est longue.
L’Etat a une alternative:

  • faire la révolution en s’assurant que chaque Malien jouit pleinement des bénéfices de
    la Démocratie et de la Décentralisation par une distribution correcte de la justice
  • Laisser le pays profond faire sa propre révolution avec tout ce que cela peut engendrer

« La Question du Nord »

La succession des rebellions armées de 1963 à nos jours avec des moyens et des méthodes de plus en plus appuyées peut- elle se résumer à un simple concours de circonstances hasardeuses appuyé par la fantaisie perverse des Hommes? La question aujourd’hui mérite une étude minitieuse et sérieuse laissant de côté les solutions simplistes, lapidaires et souvent haineuses appelant à l’extrémisme. La République du Mali a capitalisé une grande expérience humaine et politique découlant d’une gouvernance endogène multiséculaire par le biais des empires et royaumes: Ghana, Songhoi, Mali, Diara, Sosso…Le Mali carrefour de civilisations favorisé par sa position entre les pays du golfe de Guinée, le monde arabe et l’Occident…Le Mali n’est pas un pays à deux ethnies ennemies l’une de l’autre: nous sommes: Bamanan, Peulhs, tamacheqs, Songhoi, Maures, Malinkés, Miankas, Sénoufos, Soninkés, j’en passe avec tous les mariages possibles…Nous sommes loin dêtre un pays où l’on peut faire prévaloir l’ethnie pure n’en deplaise aux Maliens qui connaissent mal leur pays et qui ne voient qu’eux et « leur ethnie ». Lorsque des Maliens tuent d’autres Maliens, c’est le pire des malheurs qui puisse nous arriver. De toutes les ethnies, des gens sont morts de 1963 à aujourd’hui en passant par 1990, paix à leur âme. Ce sont tous des Maliens qui pourtant ne méritent pas moins de vivre que ceux qui sont encore vivants et qui certainement aspiraient au bonheur personnel et à celui de leurs enfants.

Les Grandes questions de notre epoque pour un Grand pays comme le nôtre ne sauraient se régler « par le fer et le sang ». Nous sommes une réference démocratique aujourd’hui dans le monde. Alors, le raisonnement démocratique doit prévaloir et être priviligié par le commun des Maliens pour n’importe quelle question.

La Question du Nord qu’on a tendance aujourd’hui à appeler la Rébellion Touarègue était avant tout une question sociale et économique, mais qui évoluant avec son environnement est en passe de prendre de nos jours d’autres proportions. Où sont nos sociologues,  nos économistes?

Qu’ils nous disent de façon patriotique et impartiale ce qu’il faut: Une Conférence Nationale, Un réferendum ou des concertations Régionales.

le 23 juillet 2008

 

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