Kidal-blog: site d’informations diverses sur la Région de Kidal

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25 janvier, 2008

La Scolarisation

Classé dans : scolarisation,scolarisatuion — ibrahim ag mohamed @ 15:42

 

 La scolarisation des enfants en milieu nomade a toujours posé d’énormes problèmes. Cependant, aujourdhui dans la région de Kidal, elle connaît un léger mieux. Ceci est le fruit d’un concours de circonstances  et d’efforts fournis par l’Etat et par des individus ou groupes d’individus.

De l’Indépendace du Mali en 1960 à 1979:

 la règle de Droit qui rend l’enseignement primaire obligatoire était strictement appliqquée par une administration tout à fait militaire. Les enfants étaient raménés à l’école de force lorsque le chef de fraction ou le père de famille n’était pas coopératif.

A cause de cette question certains ont payé de leur vie. Il faut noter que cela était soutendu par un mépris évident de l’école de la part de la communauté tamacheq. On voyait » l’école étrangère » comme un moyen d’acculturation et de perversion de l’individu.

Lorsqu’on acceptait d’envoyer son enfant à l’école, c’était rarement une fille, car la société la voyait comme un être à choyer et à protéger de façon permanente et de proximité.

II De 1980 à 1990:

C’était l’ère de la »Démocratie au sein du Parti » UDPM(Union Démocratique du Peuple malien).

L’ administration militaire avait desseré son etreinte et laissé une certaine liberté aux nomades quant à la scolarisation de leurs enfants. Ce fut la chute du taux de scolarisation.

III De 1992 à nos jours:

Si la rébellion de 90 a occasionné la fermeture des écoles comme Telabit, Tin-Essako, Bouressa, elle a permis de faire comprendre aux populations que la principale voie du développement passe par l’école. Il eut un regain de scolarisation.

A cela, il faut ajouter la nomination en 1992 du premier Inspecteur d’enseignement Fondamental de Kidal, originaire de la région. Avant cela, la Kidal dépendait de l’ inspection de Bourem.

En 1994, naît le Lycée Attaher Ag Illy

En mars 1996, Kidal a sa Direction Régionale de l’Education et le directeur M. Koina Ag Ahmadou est aussi originaire de la région

L’arrivée de la démocratie pluraliste et de la Décentralisation accélère l’accès aux demandes en équipements, infrastructures et ressources humaines et financières.

 

 

REFLEXIONS SUR LE NOMADISME ET LMA SCOLARISATION: Document émanant de l’Académie d’Enseignement de Kidal

I  Caractéristiques et ampleur du nomadisme dans la région : 

Le nomadisme dans
la Région de Kidal est le mode de vie principal des populations. Celles-ci se caractérisent par une grande mobilité s’éloignant ainsi presque toute l’année de la plupart des écoles qui elles sont fixes.

    Cette mobilité est la résultante d’une économie essentiellement basée sur l’élevage transhumant et extensif qui oblige l’éleveur à une recherche permanente d’eau et de pâturages. L’eau et les pâturages, deux fondements de l’élevage qu’il est difficile de retrouver au même endroit en dehors d’une partie de la saison d’hivernage de plus en plus très courte. En effet, en hivernage on peut retrouver dans le même oued des mares gorgées d’eau de pluie et des éphémères dont se nourrit le bétail. Mais là-où il ya des mares importantes, le surpâturage fait disparaître rapidement l’herbe et le nomade soucieux de l’embonpoint de son troupeau va la chercher en des lieux lointains où elle n’a pas encore été broutée.

    Cette nécessité d’aller chercher loin les pâturages donne naissance aujourd’hui aux camions de transport de bétail et aux citernes destinées au transport de l’eau sur des distances relativement longues. Il faut dire que ces camions sont seulement utilisés par une infime minorité de parents d’élèves ayant les moyens de les acheter ou de les louer.

 Il est vrai qu’il existe des villages ou vivent des sédentaires et semi-sédentaires comme il existe des oueds et des puits auxquels certaines familles s’attachent et où ils reviennent habiter à certaines saisons de l’année

 Nous estimons que sur les 52 058 habitants de
la Région, moins de 8000 vivent dans un centre semi-urbain ou urbain. Les autres mènent une vie nomade et même ceux qui habitent les villages ne sont pas complètement sédentaires.

  Le taux brut de scolarisation pour la région est de 44,81%. 

Situation par cercle :  1.  Cercle de Tessalit :   

Il compte 17 155 habitants. On peut estimer que moins de 1000 personnes vivent dans les villages du cercle. La population est essentiellement nomade: Les centres les plus importants sont les communes rurales de Tessalit et Aguel’hoc.

Tessalit est caractérisé par deux activités : Le commerce de détail et le maraîchage donc a une population plus sédentaire que nomade. Il en est presque de même pour le village d’Aguel’hoc dont les habitants sont commerçants et éleveurs, donc moins sédentaires que ceux de Tessalit.

 

Abanco Tadjnout, Taghlit Inakafel et Marat sont des petits hameaux et des puits avant tout, mais pas habités et sont des lieux qui n’ont pas de pâturages en saison sèche, ce qui explique qu’ils ne peuvent être habités à cette saison.

 

Aguel’hoc a l’avantage par rapport à Tessalit d’être entouré d’oueds avec de bons pâturages permettant aux parents d’avoir un pied en brousse et un pied au village. Ce facteur est pour beaucoup dans la relative bonne scolarisation qu’on lui a connue jusqu’ici.

Il faut noter que l’école d’Aguel’hoc et dans une moindre mesure celle de Tessalit, ont formé beaucoup d’élèves qui ont fini les études dans les grandes écoles(EN Sup et ENA) et l’Université de Bamako aujourd’hui.

2.Cercle de Abeïbara : 

Il enregistre le taux brut de scolarisation le plus faible de la région (8,25%). Avec une population de 9370 habitants. On estime que moins de 1000 habitants se trouvent dans les villages de  Abeïbara, Tinzawatène et Bouressa. C’est dire que le reste de la population vit permanemment en brousse.

L’école Mohamed Ag BAYE d’Abeïbara, créée en 1993, compte à cette date 54 élèves  répartis entre une 1ere

 

L’école Aghaly Ag BABACAR de Boghassa créée en 1964 avait 55 élèves avant les événements survenus l’an dernier à Tizawatène.

 

3. Cercle de Tin-Essako : 

Avec une population de 3590 habitants, il se caractérise par une très grande mobilité de la population qui plus que celles d’Abeïbara pratique l’élevage du dromadaire qui nécessite une très grande mobilité. Le taux de scolarisation brut du cercle est de 1,54%. 

L’école Toua Ag ADASS de Tin-Essako, créée en 1964 ne compte aujourd’hui encore que 51 élèves.

Les autres écoles plus récentes ont d’énormes difficultés à exister ce sont :

·       Inakarot :elle compte 40 élèves

·       Achibogho : elle compte 26 élèves

·       Imboulal : ne fonctionne pas depuis 2 ans ·       Abiyou :  ne fonctionne pas depuis 2 ans 

4. Cercle de Kidal : 

Avec une population de 21 943 habitants, il a un taux brut de scolarisation de 66,70%; Dans ce taux, il ya certes le poids de la commune urbaine de Kidal. Mais il faut noter que ce cercle est celui où on compte le plus grand nombre de villages et de sites alliant eau et pâturages ( Anefis, Intadeïni,Tassikt, Takallot, Djounhan, Aghabo…), ce qui freine un peu le très grand nomadisme qu’on connaît dans les cercles de Tin-Essako et Abeïbara.

 Cela a permis de créer des écoles autour des puits où les populations sont plus ou moins fixes :

 

 

Ecole 

                             E F F E C T I F S 
Garçons  Filles  Total 

 

Ecole 

                             E F F E C T I F S 

Garçons 

Filles 

Total 

Remarque : Les écoles  des cercles de Tessalit et Kidal créées en 1967 ont connu un développement presque normal par rapport à celles des cercles de Tin-Essako et Abeïbara, car ayant formé la très grande majorité des cadres de la région. L’école de Kidal, il est vrai est l’aboutissement de celle de Intadeïni (à 25Km au nord-est) qui fut la première école fixe dans la région de Kidal en 1947 après celle de Tinterssène et Inbater (nomades celles-ci) 

II Problèmes auxquels sont confrontées les écoles en milieu nomade : 

A)  Les Difficultés de recrutement : 

Excepté la période 1960-1980 ou le recrutement des élèves se faisait de force par le biais de l’administration, des notables et chefs de fractions, il y a des problèmes à recruter sur la base du volontariat des parents.

 

B) Difficultés de rétention des élèves : 

En fait dans la région de Kidal, il est plus facile de recruter les élèves que de les retenir à                                   l’école. Entre la 1ere et la 6e année, les abandons sont importants. Ainsi beaucoup d’enfants n’arrivent pas au 2nd cycle de l’enseignement fondamental

C)Difficultés à créer une opinion 

 favorable à l’école parmi les parents

 

pour aboutir à la mise en place d’initiatives endogènes quant à la prise en charge progressive des cantines et pour le développement de l’école.

 

 

 

         III Expériences et stratégies en cours : 

·       Les cantines scolaires continuent d’être du meilleur apport à la scolarisation dans le milieu nomade

·       Certains enfants sont parrainés par des ONG lorsqu’ils vont au second cycle et au lycée  en dehors du milieu où vivent leurs parents

·       Existence de troupeaux dans certaines écoles même s’il y a des problèmes de gestion

·       Implantation des écoles autour des puits où existent des pâturages quasi-permanents

·       Existence de bourses données aux filles pour venir en aide à leurs parents

IV Propositions de stratégies pour favoriser la         scolarisation des enfants nomades : 

·       Créer des internats dotés de dortoirs et des réfectoires et recruter le personnel nécessaire pour les faire marcher (cuisiniers, serveurs, buandiers…)

·       Entreprendre des activités encourageant, la sédentarisation dans les lieux qui sont habités par les nomades pendant une bonne partie de l’année : ouvrages de maîtrise d’eau; dispensaire ou CSCOM…pour ce faire, il faut

·       Mener une étude sérieuse sur milieux favorables à la sédentarisation.

·       Pérenniser le ravitaillement des cantines en denrées alimentaires

·       Trouve des stratégies d’approvisionnement des cantines en protéines : mettre en place et/ou renforcer les initiatives visant à doter chaque école d’un troupeau et/ou d’un jardin potager

·       Amener les CGS à insérer une bonne part des actions de rétention des élèves dans leurs projets d’école.

·       Développer le Non Formel

 

 

 

 

 

 

Kidal, le 25 avril 2008 

 

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