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Bienvenue sur mon blog! Il vous permettra de plonger dans la culture des touaregs « Kel Adagh » ou d’apporter votre contribution sur ce thème en ce qui concerne surtout les coutumes, le mode de pensée et les habitudes actuelles. Merci!

7 octobre, 2010

Mécanismes de gestion des Problèmes sociaux dans les traditions des Touaregs Kel Adagh (MALI)

Classé dans : culture — ibrahim ag mohamed @ 15:42

Mécanismes de gestion des Problèmes sociaux dans les traditions des Touaregs Kel Adagh (MALI)
Ibrahim Ag Mohamed

L’oeil exterieur non averti en contact avec la société des Kel Adagh peut être amené à faire de l’amalgame entre les actes que pose cette société et le Droit arabe qui il est vrai y est aussi Présent, mais n’est pas la base de prévention des problèmes sociaux. Cette société malgré son caractère inégalitaire possède sa propre »CHARTE TACITE » grâce à laquelle elle prévient bon nombre de conflits.

Chez les Kel Tamacheq quand bien même il existe une écriture (le Tifinagh), la plupart des conventions sociales ne sont pas écrites. Pendant des siècles, pourtant, elles ont entièrement régi et continuent à régir les comportements des individus et des différents groupes sociaux.
Certains comportements sont unanimement recherchés, car ils sont le gage de la sociabilité de l’individu.
I ["L'ACHCHEK"] :
Ce mot en tamacheq veut dire étymologiquement « doute ». Ce concept désigne chez les Kel Adagh une disposition morale, une loi tacite intériorisée par l’individu et le groupe social et qui lui permet une certaine autocritique et autocensure lorsqu’il commet un acte répréhensible du point de vue social ou moral.
Malgré le caractère inégalitaire de la société Kel Adagh, l’ensemble de ces dispositions témoigne d’un certain souci de justice et d’altruisme.
L’ALTRUISME:
« Awil iman-s iyyad ». Littéralement, cela veut dire: « Vois toute âme comme une autre ». Ce qui donne littérairement : « Pense à toi avant d’agir à l’égard de l’autre »
["L'ACHCHEK"] a pour socle la ["Takrakedt"], littéralement, « la honte » qui peut se définir comme « la peur de la honte ». En effet, dans les actes de tous les jours, les Kel Adagh en particulier et les Tamacheq en général ont une peur bleue de ce qui peut faire honte. Ainsi l’une des bénédictions les plus fréquentes dans le milieu est :  » War hanagh askarakad yallah » ; « qu’Allah ne nous fasse pas honte. » Par contre, la plus grande imprécation est : « Askarakad kayy yallah » : « Que Dieu te fasse honte »
Cette réalité se traduit par la crainte extrême et l’intolérance de l’humiliation. En effet il est préférable dans les cas extrêmes de « tuer un habitant de l’Adagh sans l’humilier. On ne tolérera jamais sa mort s’il a été humilié avant. »*
La peur de la honte est réelle tant pour les actes universellement répréhensibles comme voler, violer, montrer sa nudité, que pour certains actes apparemment normaux, mais que craignent les Kel Tamacheq : ouvrir la bouche en public, parler et manger devant ses beaux parents ; se découvrir la tête devant des gens qu’on respecte (["Tamancheqt"] ou en public
II La ["Tamancheqt"] : Ce vocable désigne toute personne respectable : personne plus âgée que soi, les femmes en général, les étrangers, toutes personnes qui ne nous sont pas familières. Toute famille ayant des jeunes filles ou jeunes garçons est potentiellement la belle famille de chacun. Une famille devient plus respectable aux yeux des jeunes garçons quand il y a des filles. Elle le devient pour les jeunes filles quand il y a des jeunes garçons.
Pour cela, les vieilles personnes de celle-ci sont d’office très respectées.
["Tamancheqt-in"] ; « ma tamancheqt », désigne pour celui qui parle toute personne respectable et toute autre qu’il ne connaît pas d’abord.
["Ahnimmi"] synonyme de ["akroukad"]:
C’est avoir de l’égard et du respect pour l’autre. ["Ahnimmi"] est plus fort que ["akroukad"] qui veut dire littéralement « avoir honte de quelqu’un ». ["Tassadja"] littéralement le « côté ». (Y aurai t il un lien entre ce mot et le fait d’approcher l’individu ou le groupe de profil -côté-) ? est le nom donné à la « timidité ».
["Immouchagh"] :
C’est le caractère d’une personne qui a l’ ["Achchek"]. ["Im"]: démonstratif, équivalent à « celui ».Et, ["chagh"], déformation probable du mot ["achchek"]. Donc, un ["amachegh"] est une personne qui a ["l'achchek"]. ["Imouchagh"] ou ["Kel Tamacheqt"] ou ["Imouhagh"] ont pour caractéristique essentielle ["l'Achchek"]
On dit d’une personne qui pose des actes répréhensibles : ["idjar-in takrakedt-inet"] qui veut dire littéralement : « il a jeté sa honte », c’est-à-dire que l’individu dont il s’agit est amoral, dénué de conscience.
III ["Tahanint"] : qui veut dire littéralement « la pitié »
Disposition d’un être humain à avoir pitié de son proche quand il se trouve dans certaines situations : dénuement matériel, maladie physique ou mentale, statut d’étranger…Ce mot est enseigné aux enfants dès leur bas âge. Lorsqu’ils séquestrent un criquet, un oiseau, ou un autre animal, les parents leur reprochent leur manque de pitié en ajoutant souvent « qu’ils ont le cœur noir », expression populaire synonyme du manque de pitié.
La pitié chez les Kel Adagh est d’abord l’apanage des femmes et particulièrement de la mère dit-on, comme le révèle la réponse à une devinette du milieu: [ "ihanan war ha mak, war tan ha tahanint"]. Ce qu veut dire : « la pitié n’habite pas le campement où n’habite pas ta mère. » L’on entend très souvent dire qu’il est mieux de mettre au monde des filles que des garçons, car quand on devien impotent, elles « auront pitié et s’occuperont de nous ». « Avoir pitié » (ou avoir le « cœur blanc ») est une qualité humaine très recherchée et se manifeste chez l’individu par :
-La promptitude au larmoiement en cas de tristesse ou de joie extrême ;
- la durée que met l’animal avant de mourir quand cet individu l’égorge ;
-L’absence de sang noir coagulé dans le cœur de l’animal qu’il a égorgé
C’est cette prédisposition naturelle qui pousse les femmes à cacher aux hommes leurs armes lorsqu’ils sont au bord d’un conflit.
IV talaqt :
C’est le caractère d’une personne éloquente et communicative dans tous les actes qu’elle pose. Cette prédisposition est liée par les Kel Adagh au degré d’acceptation de l’individu par ses camarades du même groupe d’âge, mais de sexe opposé. On dit d’une femme qu n’est pas éloquente qu’elle n’est pas aimée des hommes et d’un homme du même caractère qu’il n’est pas aimé des femmes.
La talaqt d’un individu peut se mesurer et dans le langage et dans les autres actes.
Pour excuser une personne et couper court à un conflit naissant, on dit d’elle « war itillagh » ; il n’est pas doué de ["talaqt"]
Même aux enfants, on parle de ["talaqt"]
Le contraire de ["Talaqt"] est [" Ibbiyyou"], caractère de celui qui fait tout de travers. Celui qui a ce comportement s’appelle ["anabbayyou"] et est très mal côté au sein du groupe social.
V Les actes répréhensibles ou ["Tighawelen"]:
Ce sont les actes très bannis, ou délits. Les principaux sont :
["Iman"] : Ce mot veut dire littéralement âme. Par extension, fait d’ôter la vie.
Il désigne l’homicide involontaire et l’homicide volontaire. Celui qui commet l’homicide en milieu de l’Adagh paie ce qu’on appelle »achni » qui veut dire »le sang ». Il faut entendre « le prix du sang ».
["Aladad"]
C’est le fait de traire ou téter illicitement le lait d’un animal qui ne nous appartient pas. Par extrapolation, il est comme devenu illicite des traire des animaux au pâturage même s’ils nous appartenaient.
Cet acte devient encore plus répréhensible s’il s’agit des animaux des forgerons comme le dit la chanson populaire invitant les jeunes hommes à la lutte : ["Medden balanat, war tamdjadadam. Wa idjadadan, inta a eldadan ulli n-inhadan"]. Ce qui peut se traduire par : « Hommes luttez. Le peureux, c’est celui qui a tété les chèvres des forgerons ! »
["Tikra"] : Le vol dont la forme la plus grave dans le milieu traditionnel est celui des animaux. Celui des domiciles était très peu connu.
["Alghar"] :
C’est le fait de refuser de servir son prochain alors qu’on a la possibilité de le faire. Pour réfuter un fait vu comme impossible, la langue retient les expressions : ["alghar yad"] ou ["alghar n-tilyaden"], qui veut dire refus de servir les femmes. Par comparaison, l’acte qu’on veut faire faire ou qu’on lui colle, il le compare au refus de servir les femmes.
["Asakal"] : le viol
Cet acte est vu comme anormal, posé par un individu anormal. ["Emeskel"] ; de « em » : « celui » et « iskil » : « violer », désigne le violeur et par extension, un dégénéré.
VI Applications sociales des principes :
Protection et assistance aux plus faibles :
Les femmes, les enfants et les vieillards sont reconnus comme faibles du point de vue de la constitution physique et souvent pas actifs dans des situations qui nécessitent la force. Ils ne sont pas non plus présents dans des situations auxquelles la société ne les autorise pas. Les hommes (adolescents et adultes) les assistent en situation de guerre, d’inondation, de feux de brousse, de voyage…
Les Forgerons :
Les forgerons sont connus pour être des gens pacifiques ne faisant rien en dehors de leur travail d’artisans. Autant ils se replient sur eux-mêmes (endogamie), autant ils évitent toute confrontation physique ou morale avec les autres.
La société traditionnelle Kel Adagh accorde certains privilèges aux forgerons (["Inhadhan"] :
On doit :
•leur prêter une assistance matérielle et policière permanente
•Leur prêter ou leur donner des animaux à traire pour se nourrir ;
• Leur donner des rations alimentaires sèches ;
• Les protéger contre les toutes atteintes à leur personne physique ou morale.
La ["Tadhouwla "]:
C’est la relation spécifique qui existe entre un individu et sa bru ou son gendre ou entre une bru, un gendre et le père ou la mère de son conjoint. Cette relation doit être emprunte de respect profond en toute circonstance. Pour éviter qu’elles se fassent une mauvaise opinion de soi, on évite jusqu’à manger ou boire en présence de ces personnes, à plus forte raison poser d’autres actes connus publiquement comme répréhensibles.
On dit de cette relation
["war tihini"] ; qui peut se traduire littéralement par : « elle ne déménage pas » ; c’est-à-dire que la relation demeure même après des années de divorce d’avec son conjoint ou sa conjointe.
["Tiliwsa"], désigne le lien spécifique qu’on a avec les frères et sœurs de son conjoint ou de sa conjointe. A ces personnes, on voue un certain respect, quand même moindre par rapport à celui voué aux parents ascendants.
VII LES GARANTIES DE L’APPLICATION DES PRINCIPES :
["Tisiway"] : La Poésie
Qu’elle soit dite ou chantée, à travers elle, les femmes et les hommes magnifient l’Etre social idéal, les bienfaits des individus et fustigent les actes qui remettent en cause ou violent les conventions et principes sociaux.
["Imgharan"] :
Ce mot en Tamasheq veut dire « les vieux », c’est-à-dire les anciens. Il désigne une demande généralement adressée verbalement à un individu pour qu’il pose un acte souhaité, ou qu’il abandonne un acte répréhensible qu’il veut poser ou, est entrain de poser. S’il refuse, on considère qu’il a offensé tous les anciens de la communauté et les femmes préparent des mets qu’il doit manger à l’excès (une forme d’humiliation de l’individu) Souvent, on lui en met sur le visage et sur le reste du corps.
["Laghtiya"]
C’est une amende infligée à un individu à la suite d’un comportement maladroit ou injurieux vis-à-vis de son prochain. Elle est prononcée par ceux de sa classe d’âge ou par des personnes plus âgées. Celui qui en fait l’objet doit payer du thé, du sucre, du tabac ou inviter le groupe à partager un méchoui…
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29 novembre, 2007

Les KEL ADAGH, La Société traditionnelle

Classé dans : culture — ibrahim ag mohamed @ 15:42

Les Kel ADAGH ont toujours formé une confédération de plusieurs tribus elles-mêmes subdivisées en fractions. C’était une société de caste très hiérarchisée. Elle comprenait: Les nobles: Iforas(Kel Affala, Taghat mallet, Ifirgoumissene et Erayakene), Idnan(divisés en plusieurs fractions),

Les vassaux: Ce sont: les Imghad(étymologiquement, les guides= « Im« : Ceux qui et « aghid« : guident ), composés de beaucoup de fractions

Les Esclaves ou « Eklan »: Sont généralement des Noirs issus de rapts individuels ou de razzias collectives

Les Forgerons ou « Inhadhan » A la peau foncée, ils sont les dépositaires d’une grande part du savoir artisanal. Ceratins Historiens les font venir d’Ethiopie et pensent qu’ils se sont adaptés à la société et à la culture des touaregs à qui ils ont proposé leur savoir-faire.

Cette société a toujours eu un chef issu de la tribu guerrière IFORAS. C’est un chef presque consensuel qui consultait les chefs de tribus par rapport aux décisions à prendre en face des grandes questions.

La succession au pouvoir était patrilinéaire

Les différents chefs traditionnels qui se sont succédé sont:

  • Mohammad Ayitta( Que la tradition orale dit venir du Maroc au 17e siècle) 
  • Ghabdou Salam
  • Idda
  • Dida
  • Alkhassan
  • Malick
  • Sidaghmar Ag Malick
  • Diffa
  • Khammadin, Vers 1880
  • Illy, vers 1880-1908
  • Safikhoun, 1908-1912
  • Mohammed Wan-Ferzou, 1912-1913
  • Attaher Ag Illy,1913-1914
  • Elbakri Ag Illy,1914-1915
  • Attaher Ag Illy, 1915-1962
  • Intalla Ag Attaher,1962 à nos jours

2 novembre, 2007

Divination et pratiques de Géomancie chez les « Kel Adagh »

Classé dans : culture — ibrahim ag mohamed @ 15:42

Quatre choses ont essentiellement déterminé le destin des Kel Tamachaqt en général et de ceux de l’Adagh en particulier:la divination, les pâturages, le chameau, la guerre.

La divination, pratique ancestrale multiséculaire des bérbero-tamacheq a survécu aux prêcheurs musulmans qui l’ont toujours indexée comme pratique satannique grâce à quatre facteurs essentiels: Une sorte de résistance psychologique et culturelle au monde arabe; l’étendue de la région(260 000 Km2); les incertitudes du climat et l’Insécurité(du 10e siècle jusqu’à l’arrivée des Français). Les premier et  dernier facteurs ont été les plus déterminants. L’Adagh a toujours été mis en insécurité par ses voisins à cause de son bétail et de la turbulence de ses populations.

Les Kel Adagh pratiquent la divination sous deux formes globalement: les présages(auspices) et les pratiques de Géomancie.

Les présages: Ce sont des signes heureux ou malheureux par lesquels, l’Homme essaie de lire l’avenir. Ces signes résident dans les comportements des animaux, de l’homme(surtout l’enfant) et de certains phénomènes naturels comme l’eau, le vent…

A titre d’exemple:

  •  Rencontrer le chacal au cours d’un voyage indique que ce voyage sera bon
  • Rencontrer une hyène par contre n’est pas bon
  • Selon que le croissant lunaire soit penché vers le sud ou le nord, on prédit une bonne ou une mauvaise année.
  • Que le corbeau noir (sans collier blanc) vole permanemment au dessus de votre tête est un mauvais présage
  • Les rougeurs célestes au crépuscule présagent que le sang humain sera versé

Les Pratiques de Géomancie:

Elles sont au nombre de trois: ["Tiddekil"];["Tignougan"] et ["Idjachan"]

["Tiddekil"] en tamacheq est un nom féminin singulier qui vient de ["Tedekilt"] qui veut dire « paume de la main ». Cette pratique se fait à partir de la trace de la paume laissée sur lme sable. On cerne la circonférence de points et on les élimine ensuite deux à deux. S’il reste 1 seul point non éliminé, la situation pour laquelle on « interroge la Terre » est dite favorable ou positive. S’il ne reste aucun point, elle est défavorable.

["Tignougan"], veut dire en Tamacheq quelque chose d’hermitique, d’énigmatique. Cette pratique consiste à tracer sur le sable un rectangle divisé en trois colonnes. Dans chacune d’elles on écrit au hasard trois lettres de l’alaphabet tifinagh. On lit ensuite le mot écrit dans chaque colonne, ensuite on lit les mots par ligne et enfin en diagonales. L’ensemble des déchiffrements donne un message complet.

 

diyen.bmp

[" Idjachan"]:

C’est la pratique la plus répandue et qui demande une certaine initiation dans (apprentissage). Le mot vient de ["Idjyich"] qui veut dire en Tamacheq »scarifier ». Cette pratique commence par des scarifications faites sur le sol qui vont donner ensuite des signes symboles dont un certain nombre va former le message à lire.

Il existe deux types de ["Idjachan"]: les ["Din-ADHAR"], littéralement, ceux du pied et les["Daytamadhal"], littéralement en français: »les fils de la Terre » qu’on appelle aussi les ["idjachan "] nombreux, car le nombre de leurs signes symboles est plus élévé que dans le premier type. Le premier type compte 4 signes alors que le second en compte 16 comme chez les Bambaras et les Méditerranéens. De très grandes similitudes existent entre la géomancie tamacheq(2e type) celle, bambara et la greco-latine(méditerranéenne)

 

26 septembre, 2007

ADAGH, les ruptures

Classé dans : culture — ibrahim ag mohamed @ 15:42

Une analyse personnelle m’amène à dire qu’aujourd’hui l’Adrar des Iforas connaît des fractures  qui le situent dans un tournant décisif de son histoire. La rupture revêt en gros 2 formes: La Rupture sociale et la Rupture écologique. Les deux ont pour point de depart la sécheresse de 1973.

A) La Rupture sociale:La terrible sécheresse de 1973  a décimé les troupeaux, principale ressource économique à l’époque et qui a provoqué la« coulée humaine » vers les pays comme le Niger, le Nigéria, l’Algérie et la Libye.Petit à petit dans ces pays, les hommes se sont installés et leurs fils et (dans beaucoup de cas), leurs petits fils aujourd’hui sont plus proches de la culture des pays hôtes que de celle de l’Adagh auquel pourtant ils se sentent très liés surtout que souvent les populations hôtes aiment à leur rappeler leurs origines.

Ceux qui sont le plus souvent revenus au bercail( de l’Algérie ou de la Libye) se sont retrouvés(pendant les années 70 - 80 ) devant une sorte de vide lorsqu’ils constatent que l’arrière pays n’est pas comme ils en rêvent. On note ainsi un transfert des réalités vécues sur le terroir;  ce qui donne place à la déception, à l’amertume, car entre la Libye, l’Algérie et l’Adagh, la différence est grande sur beaucoup de plans.

Cette société « revenante » essaie de s’insérer avec des compétences acquises ailleurs. Parmi ces compétences, il y a la langue arabe. Mais que faire avec celle-ci dans un pays où la langue officielle est le Français, les langues de travail, encore le Français, le Songhoï et le Bambara? Pas grand’chose. On parle alors l’Arabe pour faire une confidence à son compagnon ou pour montrer à ceux qui sont restés qu’on sait parler la langue dans laquelle le Saint Coran a été mis à la disposition du prophète(PSL)!

Ceux qui n’ont pas bougé vous voient comme un assimilé qui rejette sa langue et ses coutumes et veut imposer les habitudes étrangères.

Les compétences acquises en matière de maraîchage, mécanique auto, menuiserie, décoration…jusqu’à un passé récent n’ont pu être mises  en pratique, faute de matériel, ou même d’insertion sociale permettant de découvrir les chemins à suivre pour y accéder.

Il est vrai que certains regardaient quelques fois les »autochtones » comme des gens d’esprit inférieur et économiquement miséreux. Résultats: incompréhension, difficultés d’insertion, frustration et retour au pays hôte, recommencement du cycle infernal de l’émigration. 

Ceux qui ne sont jamais partis constituent aujourd’hui quatre couches sociales bien distinctes: Les ruraux,  les commerçants, les cadres lettrés et moyens  et les cadres supérieurs( sortants des facultés grandes écoles).

Les Ruraux:

Ils sont nomades et vivent en brousse sous des tentes que les femmes confectionnent avec des peaux tannées de chévre et mouton. Ils pratiquent l’élévage extensif et souffrent beaucoup quand surviennent les sécheresses qui déciment leur bétail( Exemple des sécheresses de 1973 et 1984).  Par le passé, pour subvenir à leurs besoins quotidiens, ils vendaient quelques bêtes à Timiyawin ou Tamanrasset(villes Algériennes situées respectivement à 300 et 900 Km de Kidal) ou Gao et Ménaka(villes maliennes situées toutes à plus de 300 Km de Kidal). Au retour, ils ramenaient des cotonnades, du mil, denrée essentielle dans l’alimentation à l’époque, du riz du thé, du sucre, souvent de l’arachide. Ils l’ont (jusque dans les années 1990) fait à dos de chameau ou à pied.

Les années 90 ont vu une multiplication des véhicules 4X4 japonais dans la région, ce qui a accéléré ce commerce en direction de l’Algérie , activité qui du reste aujourd’hui nourrit son homme. Parmi cette couche, on a un taux d’alphabétisation très faible surtout que l’écriture « Tifinagh » est de plus en plus abandonnée. Elle entre les intellectuels de l’école malienne francophone et les cadres issus du monde arabe qui le plus souvent l’exploitent à des fins politiques et autres… Ainsi, elle manque d’organisation et de formation pour promouvoir ses activités pastorales.

Les lettrés et cadres moyens: Ils sont très dynamiques sur le plan économique et politique: ils sont commerçants, agents de l’Etat, animateurs d’ONG internationales ou locales. Ils font surtout de l’ombre aux cadres supérieurs grâce à leur maîtrise du terrain. Ils sont également pour beaucoup dans cette sorte de « fractionnisme »(morcellement de la société en fractions) où l’Adagh s’est figé et qui a tendance à bloquer toute avancée significative vers le développement. En effet, certains de ces cadres jouent sur cette corde sensible quand ils veulent se faire élire ou dès que besoin est de mobiliser la fraction dont on est issu afin d’atteindre un objectif personnel.

Les Cadres supérieurs:

Ils se subdivisent en cadres jeunes venus tout droit des facultés et de vieux cadres pour la plupart des enseignants. Ils sont mal organisés. Malgré des tentatives de création de coordinations des cadres de la région(Club des Amis de Kidal; Coordination des Cadres Ressortissants de Kidal),  ils ne jouent pas encore le rôle prépondérant qui doit être le leur par rapport aux affaires de la région. Ils sont souvent même contestés par l’élite arabophone qui les trouve trop occidentalisés à son goût.

Pour des lendemains meilleurs de la région de Kidal, ils se doivent d’opérer un véritable sursaut sur la base d’un renoncement aux interêts individuels et au profit des interêts de Kidal.

Il faut noter que les différents changement del’organisation sociale se sont accompagnés d’un changement de mentalités pas toujours positif.

Si l’ouverture vers l’extérieur a été un point de depart dans l’acquisition de savoirs et savoirs faire nouveaux, elle s’est accompagnée d’un flétrissement certain des moeurs se caractérisant par une diminution très sensible de l’ACHEKK et de l’altruisme, ce qui avec la mondialisation met la société kidalienne sur le starting block de la course vers le capital et une défection de plus en plus visible des liens sociaux.

B) La Rupture écologique:

En 1973, la sécheresse de l’air a entraîné la rarefaction des pluies et des pâturages, ce qui a occasionné  une hécatombe dans le bétail de l’Adagh. Ainsi la richesse animale a chuté de plus de la moitié. L’élévage du boeuf a atteint le point zéro comme celui du cheval. Le premier a connu un retour timide à partir des années 1990 seulement. Les ressources naturelles en faune et flore de la région ont connu un coup dur duquel elles ne se sont plus rémises.

En effet, si certaines populations ont sensiblement diminué en nombre, d’autres ont complètemnt disparu. Le gommier se résume aujourd’hui à quelques individus perdus dans les vallées les plus inaccessibles. De même, l’Acacia albida. La couverture végétale même en hivernage se rarefie à mesure qu’on va vers le Nord.

Des espèces comme les gazelles l’Adax, Dorcas, l’autruche ont complètement disparues aux abords des années 80. Il en est de même pour les singes que quelques individus isolés de macaques dans le massif du Tigharghar; dans les oueds de Telabbit et Tessalit. Le même sort est peut être réservé au moufflon des massifs du Tigharghar(Tessalit) et Timadjlalène(Telabbit).

L’une des conséquences de la rupture écologique aujourd’hui est le manque de combustibles. Kidal et Tessalit manquent cruellement de bois de chauffe, car n’ayant presque plus d’arbres. Dans les années 80 à 90, la région de Gao a « mangé » son bois avant de commencer à le chercher à coup de camions dans le secteur de Anéfis (120Km au sud de Kidal) et au délà. Ce qui a accéléré la disparition du bois de Kidal.

Aujourd’hui, le sac de charbon à Kidal coûte entre 6000 et 7500f CFA contre 3000 il y a quelques années. Pire, il arrive des moments où on ne l’a pas sur le marché, car provenant de Gao!

Des mesures palliatives s’imposent, sinon les populations de la région, vont s’abattre sur les très fragiles ligneux qui restent pour les transformer en charbon. Il faut une politique régionale de reboisement adéquate(PREPARER EN REBOISANT) et en même temps, vulgariser l’utilisation du gaz Butane, car le Voisin algérien peut sauver la situation, grand producteur de son Etat et soucieux de l’avenir de cette région! 

21 septembre, 2007

La langue »Tamachaqt de l’Adagh »

Classé dans : culture — ibrahim ag mohamed @ 15:42

La Langue “Tamachaqt” de l’Adagh

C’est une langue d’origine sémitique, apparentée au kabyle et au bèrbere.Elle est très proche de celles parlées par les Tamacheq de Gao, du Gourma, les Ioulimiden de Ménaka et dans une certaine mesure les Tamacheq du Niger et ceux du Hoggar en Algérie. Elle est très poétique, ce qui explique que les poètes kidalruines2101.jpgfadimat.bmpet les musiciens tamacheqs les plus éminents soient de l’Adagh.

L’écriture utilisé par les Kel Adagh, s’appelle le “tifinagh” qui est un ensemble de graphèmes à valeur consonantique. Elle n’admet que 2 voyelles: [”ou”] et [”a”] et une semi-voyelle:[”y”]. Aujourd’hui, elle est très peu écrite. Et pourtant, elle peut être d‘un grand apport à l’enfant qui va fréquenter l’école publique moderne, tant pour la maîtrise de l’écriture, de l’espace que du calcul.

On pense aujourd’hui que le tifinagh est né de l’écriture phénicienne. Cependant, force est de constater que sans vouloir faire de ce peuple des grecs ou des latins, des traces de ceux-ci abondent dans la langue parlée et dans l’écrtiture. Mes recherches personnelles m’ont améné à me poser un certaines questions sur le vocabulaire tamacheq. En ayant consulté  le Larousse, des pistes se sont dessinées. Se sont pour moi donc des hypothèses et les soumet au public en tant que telles.

Prenons un certain nombre de mots en exemple. La liste est très loin d’être exhaustive.

Abjurer:  Du latin, Abjurare: rénier avec serment donne en Tamacheq”Abadjar“, se dit surtout d’une mère qui a tendance à fuir son petit.

Haras:  Peut être, du scandinave: Hârr; qui a le poil gris. “Aharr”en tamacheq(lion)?

Immanent(te):  Du latin scolastique, de Immanere:”résider dans”, se dit de ce qui est contenu dans la nature d’un être. “Iman”(âme) en tamacheq?

Ami: Latin, amicus, amica. “Amidi”(ami) en tamacheq?

Amour: latin Amor. “Amayar” (chérir) en tamacheq?

Ange:  Du latin ecclésiastique, Angelus; Grec Aggelos. “Andjelos”(Ange) en Tamacheq?

Boule: latin, Bulla. “Abillagh”(boule) en tamacheq?

Aile: latin, ala: …Botanique, nom donné aux pétales de la fleur des papilionacées. “Ala”(feuilles d’un végétal) en tamacheq?

Anachorète: du grec, Anakhôrein(s’éloigner). réligieux: celui qui vit dans la solitude; celui qui mène une vie très rétirée. “Ankkar”(animal qui s’isole du troupe) en tamacheq?

Courbe :( latin:curvus)=.En Tamacheq: « akorf », pluriel: « Ikorfan »: anse(s) en demi-cercle.

Couple: (latin: copula). En tamacheq: « akubbil »(s’associer, former un tout, se réunir)

Agnat: (du latin, ad: près de et natus :né), celui qui descend d’un même ancêtre de sexe masculin, « Agna « en tamacheq qui veut dire frère

19 septembre, 2007

La question d’esclavage et de vassalité

Classé dans : culture — ibrahim ag mohamed @ 15:42

Des questions comme celle de l’esclavage font verser beaucoup d’encre surtout quand on les évoque au 21e siècle.

La « tikiliya« (esclavage) et la « Timaghada« ( nous allons l’appeler vassalité)-jadis exercée sur les fractions Imghad- sont deux phénomènes pas loin l’un de l’autre ayant existé jadis dans l’Adagh.

Aujourd’hui, on ne peut parler de l’esclavage dans l’Adagh sous sa forme primaire connue jusqu’à la lisière de l’indépendance  du Mali. Les Kel Adagh doivent pourtant  gérer des séquelles  sérieuses de ce phénomène. En effet, il n’est pas rare qu’un ancien »maître » du père ou de la mère d’un enfant, ignorant toutes dispositions de la loi publique et surtout collé au textes islamiques,  vienne enléver ce dernier pour en faire le petit berger. Nous avons eu connaissance d’un cas(garçon) en 1993 à Kidal; d’un cas en 2001(femme), à Kidal, d’un cas à Aguel’hoc(fillette) en 2007 et d’un autre cas très récent(garçon) qui n’a pas connu encore son épilogue.

Il faut signaler que ces cas sont les faits d’individus très conservateurs, mais relèvent quand même de violations des Droits de l’Homme et en particulier de ceux des enfants.   Ce sont ainsi des délits que ceux qui veillent sur la loi doivent punir comme tous les autres délits. Cependant, seul, des hommes armés de leur simple bonne volonté ou de leur humanisme s’en sont occupé. Je citerai le très respectable Wadossène Ag Simitalla, 1er Député élu à Kidal sous le multipartisme, qui est intervenu dans le cas de la femme cité plus haut.

La « vassalité » elle aussi n’existe pas ou existe peu sous sa forme d’antan.

La majorité des sequelles se trouvent au niveau de l’esprit; d’abord les complexes(d’infériorité ou de supériorité ) qui font que devant des questions pourtant importantes de la vie sociale, politique  et économique, on pense et le manifeste souvent que tel ou tel individu n’a pas le droit et n’est pas habilité à en parler ou à en être l’acteur principal.

Certains de ceux qui sont descendants d’anciens esclaves ou de vassaux le pensent également(complexe d’infériorité)

Les sources d’esclaves jusqu’au 20 e siècle:

La majorité de ceux qui furent esclaves dans cette région y sont arrivés à la suite de razzias et de rapts dans certains cas individualisés. Les auteurs de ces activités vendaient leur « buttin » contre des chamelles. Ces collis vivants étaient des enfants des Songhoi, des bambaras, des peulhs et même de mossis.

Ces peuples qui n’ont jamais su ou voulu pourchasser ceux qui volaient leur proginuture ont aujourd’hui comme un certain mépris à ceux qu’ils appellent péjorativement »les Bellas ».

Au debut du 20e siècle, après terrible défaite des Iwillimiden face aux Maures, ces derniers se sont acharnés sur ce qui restait comme biens,  esclaves et fractions dépendantes de leurs adversaires qu’ils ont révendus à travers tout le Sahara. Beaucoup de « Kel Tamacheq Noirs« (  comme ils veulent se nommer aujourd’hui) de la région de Kidal, sont des descendants des fractions « Iboghilliten« , « Kel Talmen« (Populations de contact entre blancs et noirs), très proches des Chamanamas avec qui probablement ils furent parmi  les premiers Kel Tamachaqt à habiter dans la « zone du fleuve » en provenance de l’Adagh.

Si les anciens vassaux sont bien organisés en fractions, tel n’est pas le cas des « Kel Tamachaqt Noirs « désseminés entre les différentes fractions et dans les quartiers des villages.

A l’heure actuelle, il existe une association pour la promotion des Droits Humains et de lutte contre les pratiques qui leur portent atteinte. Elle s’appelle TEMEDT,qui veut dire en Tamacheq »Lien de Sang« . Elle a une envergure nationale sinon internationale et s’ancre progressivement dans les régions du Nord Mali pour le mieux être des « Kel Tamachaqt Noirs »

Ces populations qui ne sont pas encore tout a fait épanouies totalisent un grand nombre de cadres et intellectuels qui constituent un atout majeur pour le dévéloppement de la région de Kidal.

Aujourd’hui, l’Adagh a besoin de tous ses fils pour amorcer un développement qui ne se profile même pas à l’horizon. Pour ce faire, il faut que la société de Kidal (notamment les cadres et chefs traditionnels) fasse son « VERITE ET RECONCILIATION », se detache du passé pour envisager l’avenir sereinement.

10 septembre, 2007

Présentation de l’ »ADAGH »

Classé dans : culture — ibrahim ag mohamed @ 15:42

L’Adagh, encore appelé « Adrar des Iforas » est la 8e région administrative de la République du Mali. Son territoire couvre 260 000 Km2 dont 150 000 occupés par le massif de l’ADAGH qui a donné son nom à la région.

Ce massif montagneux est jalonné d’oueds(cours d’eau très temporaires) qui se gonflent d’une eau jaunâtre et souvent violente que le soleil et le vent dissipent quelques heures après.

Ils(ces oueds) ont fait partie du réseau hydrographique du Niger préhistorique.

La population est composée des Kel Tamacheq(le plus souvent désignés par le mot « Touaregs »), des maures, des sédentaires songhoï et bambaras.

La société était jusqu’au 20e siècle très hiérarchisée avec d’une part une classe dite « noble » et des classes de « vassaux », d’ »esclaves » et de « forgerons » d’autre part. Cette classification n’existe pas aujourd’hui sous sa « forme dure », mais continue pourtant de péser sur l’évolution politique , sociale et économique de la région: certaines catégories sociales n’ont pas facilement accès au pouvoir politique et économique, même avec l’avènement du Mali démocratique.

L’Adagh, du 17e au 20e siècle a attiré la convoitise de ses voisins pour son bétail très nombreux et de bonne qualité.Les songhoï, les Kel Ahaggar, les Kel Ayar, l’ont toujours razzié.

Les « Kel Adagh » anciens furent des hommes braves et généreux, car dans leur philosophie, les deux allaient de pair. Les ccomportements de tous les jours étaient régis par « l’ACHEK », une sorte de constitution ou loi tacite, volonté de toute la société qui était individualisée grâce à l’éducation reçue. Cette loi faisait qu’un homme ne pouvait pas maltraiter une femme, voler, mentir ou accomplir tout acte avilissant.

les gardiens de cette « constitution » étaient les poètes(« Kel Tisiway ») qui magnifiaent les beaux actes accomplis et étalaient au grand public les actes répréhensibles ou déplacés posés par tel homme ou telle femme.

Les femmes constituaient les autres gardiennes de moeurs et de la sociabilité, donc de la société.

C’est pour quoi, le plus souvent, les hommes aiment dire  à haute voix cette phrase:["War-t-esilnet"] qui veut dire littéralement: »Elles ne l’entendront pas », pour ajouter ensuite « que j’ai fait tel acte répréhensible ». L’["ACHEK"] excluait dans cette société la « non assistance à personne en danger » ou à plus faible que soit.

Le respect de l’autre se muait en honte de poser certains actes en sa présence: manger ou boire devant son beau père ou sa belle mère ou même devant un e femme si on est un garçon majeur et inversement si on est une fille majeure.

C’est pour quoi il était fréquent de voir le tamacheq en présence des gens passer souvent la nourriture en dessous de son turban pour la porter à sa bouche.

De même certaines évocations considérées comme manque d’égard à l’autre sont évitées. On ne dira pas par exemle »je vais chier »,  mais plutôt: »je vais en brousse ou je vais derrière les tentes . »

La force de l’["ACHEK"] explique l’attention particulière accordée aux femmes et aux enfants.

La société « Kel Adagh », une société individualiste, mais très solidaire:

Même quand les liens de sang sont très forts, les gens de l’Adagh n’habitent pas toujours le même lieu et ne se voient pas forcement tous les jours. On s’informe sur l’autre à distance, pourvu qu’il soit bien portant.

Un e place de choix est reservée à la propriété privée et à l’individu. Les travaux collectifs sont rares. L’adulte, l’enfant, la femme, l’homme, chacun a le droit d’avoir son propre bien et d’en disposer comme il l’entend.

Dans cette région qui vit essentiellement d’élévage, l’enfant comme sa mère possède des chèvres, moutons ou chameaux selon les moyens de la famille. Il peut les offrir ou les revendre sans contrainte.

Dans l’Art, la littérature, la chanson, la propriété intellectuelle même si elle ne fait pas l’objet de lois écrites, est reconnue et respectée.

Il existe il est vrai des chansons populaires ou des chansons tombées dans le domaine public au fil des ans et d’usage. Cependant, toute chanson emane d’un artiste et est reconnue telle. Ainsi, rien qu’à en entendre le debut, on peut reconnaître la chanson et son auteur. La voix et le Style de Alqarinat( chanteuse de Kidal) dans la chanson sont différents de ceux de Wayka d’Aguel’hoc. Les sanglots du violon aux airs mélancoliques de Tandhari de Telabit ne sont à nuls autres pareils.

En poésie, l’humour de Afanayya Ag Akly contraste d’avec le style grave et serieux de Akhmoudène Ag Akhmid. Ces deux derniers( des années 1960 et 70) se distinguent aussi de Hako et de Lalla walet Medy(plus recents).

Les grands flûtistes comme Akly( de Tessalit) et Seyyat(de Telabbit) se distinguent l’un de l’autre par le style et les compositions.

L’homme »Adaghien » a pour premières proriétés son arme blanche ou à feu, son chameau et son troupeau. La femme a en propriété privée: ses bijoux, sa tente, et souvent son chameau(lorsque la bourse de ses parents ou celle de son mari le permet).

La solidarité se manifeste surtout dans les moments difficiles: lors des événements sociaux comme les mariages, baptêmes, decès et des catastrophes naturelles(innondations sécheresse, famine…) A ces occasions, on offre des biens matériels ou des animaux et le reconfort moral.

Les["Tiyyaten"] désignent des animaux laissés à l’autre, généralement moins nanti que soi, qui va traire leur lait pendant une période indeterminée.

La solidarité se manifeste beaucoup en temps de guerre. Les Kel Adagh ont toujours fait face à l’ennemi entant que tribu. Quand on parle de fractions guerrières: Ifoghas, Ibatanaten, Idnan, en réalité, ces noms masquent les nombreux guerriers et non guerriers qui contribuent d’une façon ou d’une autre des fractions Imghad, Igdalan, Chibil, les esclaves et les forgerons.

3 septembre, 2007

Bonjour tout le monde !

Classé dans : culture — ibrahim ag mohamed @ 15:42

Je suis heureux de partager avec vous mes modestes connaissances sur la culture et la société « Kel Adagh » dont je suis issu. Grâce à UNBLOG, formes achévées de la liberté d’expression, nous allons pouvoir aider à bâtir une image que nous voulons juste et profitable pour le développement de cette partie du Mali.

Les thèmes très variés de mes articles vont porter sur la société la langue, la culture, les habitudes et croyances anciennes et celles d’aujourd’hui.

Nous évoquerons au fil du temps, les potentialités naturelles, humaines et sociales dont dispose l’Adagh et qui peuvent aider pleinement à son dévoloppement. Je souhaite que vous mes laissiez des commentaires, remarques et suggestions.

Merci d’avance!

 

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