Kidal-blog: site d’informations diverses sur la Région de Kidal

Bienvenue sur mon blog! Il vous permettra de plonger dans la culture des touaregs « Kel Adagh » ou d’apporter votre contribution sur ce thème en ce qui concerne surtout les coutumes, le mode de pensée et les habitudes actuelles. Merci!

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26 septembre, 2007

ADAGH, les ruptures

Classé dans : culture — ibrahim ag mohamed @ 15:42

Une analyse personnelle m’amène à dire qu’aujourd’hui l’Adrar des Iforas connaît des fractures  qui le situent dans un tournant décisif de son histoire. La rupture revêt en gros 2 formes: La Rupture sociale et la Rupture écologique. Les deux ont pour point de depart la sécheresse de 1973.

A) La Rupture sociale:La terrible sécheresse de 1973  a décimé les troupeaux, principale ressource économique à l’époque et qui a provoqué la« coulée humaine » vers les pays comme le Niger, le Nigéria, l’Algérie et la Libye.Petit à petit dans ces pays, les hommes se sont installés et leurs fils et (dans beaucoup de cas), leurs petits fils aujourd’hui sont plus proches de la culture des pays hôtes que de celle de l’Adagh auquel pourtant ils se sentent très liés surtout que souvent les populations hôtes aiment à leur rappeler leurs origines.

Ceux qui sont le plus souvent revenus au bercail( de l’Algérie ou de la Libye) se sont retrouvés(pendant les années 70 - 80 ) devant une sorte de vide lorsqu’ils constatent que l’arrière pays n’est pas comme ils en rêvent. On note ainsi un transfert des réalités vécues sur le terroir;  ce qui donne place à la déception, à l’amertume, car entre la Libye, l’Algérie et l’Adagh, la différence est grande sur beaucoup de plans.

Cette société « revenante » essaie de s’insérer avec des compétences acquises ailleurs. Parmi ces compétences, il y a la langue arabe. Mais que faire avec celle-ci dans un pays où la langue officielle est le Français, les langues de travail, encore le Français, le Songhoï et le Bambara? Pas grand’chose. On parle alors l’Arabe pour faire une confidence à son compagnon ou pour montrer à ceux qui sont restés qu’on sait parler la langue dans laquelle le Saint Coran a été mis à la disposition du prophète(PSL)!

Ceux qui n’ont pas bougé vous voient comme un assimilé qui rejette sa langue et ses coutumes et veut imposer les habitudes étrangères.

Les compétences acquises en matière de maraîchage, mécanique auto, menuiserie, décoration…jusqu’à un passé récent n’ont pu être mises  en pratique, faute de matériel, ou même d’insertion sociale permettant de découvrir les chemins à suivre pour y accéder.

Il est vrai que certains regardaient quelques fois les »autochtones » comme des gens d’esprit inférieur et économiquement miséreux. Résultats: incompréhension, difficultés d’insertion, frustration et retour au pays hôte, recommencement du cycle infernal de l’émigration. 

Ceux qui ne sont jamais partis constituent aujourd’hui quatre couches sociales bien distinctes: Les ruraux,  les commerçants, les cadres lettrés et moyens  et les cadres supérieurs( sortants des facultés grandes écoles).

Les Ruraux:

Ils sont nomades et vivent en brousse sous des tentes que les femmes confectionnent avec des peaux tannées de chévre et mouton. Ils pratiquent l’élévage extensif et souffrent beaucoup quand surviennent les sécheresses qui déciment leur bétail( Exemple des sécheresses de 1973 et 1984).  Par le passé, pour subvenir à leurs besoins quotidiens, ils vendaient quelques bêtes à Timiyawin ou Tamanrasset(villes Algériennes situées respectivement à 300 et 900 Km de Kidal) ou Gao et Ménaka(villes maliennes situées toutes à plus de 300 Km de Kidal). Au retour, ils ramenaient des cotonnades, du mil, denrée essentielle dans l’alimentation à l’époque, du riz du thé, du sucre, souvent de l’arachide. Ils l’ont (jusque dans les années 1990) fait à dos de chameau ou à pied.

Les années 90 ont vu une multiplication des véhicules 4X4 japonais dans la région, ce qui a accéléré ce commerce en direction de l’Algérie , activité qui du reste aujourd’hui nourrit son homme. Parmi cette couche, on a un taux d’alphabétisation très faible surtout que l’écriture « Tifinagh » est de plus en plus abandonnée. Elle entre les intellectuels de l’école malienne francophone et les cadres issus du monde arabe qui le plus souvent l’exploitent à des fins politiques et autres… Ainsi, elle manque d’organisation et de formation pour promouvoir ses activités pastorales.

Les lettrés et cadres moyens: Ils sont très dynamiques sur le plan économique et politique: ils sont commerçants, agents de l’Etat, animateurs d’ONG internationales ou locales. Ils font surtout de l’ombre aux cadres supérieurs grâce à leur maîtrise du terrain. Ils sont également pour beaucoup dans cette sorte de « fractionnisme »(morcellement de la société en fractions) où l’Adagh s’est figé et qui a tendance à bloquer toute avancée significative vers le développement. En effet, certains de ces cadres jouent sur cette corde sensible quand ils veulent se faire élire ou dès que besoin est de mobiliser la fraction dont on est issu afin d’atteindre un objectif personnel.

Les Cadres supérieurs:

Ils se subdivisent en cadres jeunes venus tout droit des facultés et de vieux cadres pour la plupart des enseignants. Ils sont mal organisés. Malgré des tentatives de création de coordinations des cadres de la région(Club des Amis de Kidal; Coordination des Cadres Ressortissants de Kidal),  ils ne jouent pas encore le rôle prépondérant qui doit être le leur par rapport aux affaires de la région. Ils sont souvent même contestés par l’élite arabophone qui les trouve trop occidentalisés à son goût.

Pour des lendemains meilleurs de la région de Kidal, ils se doivent d’opérer un véritable sursaut sur la base d’un renoncement aux interêts individuels et au profit des interêts de Kidal.

Il faut noter que les différents changement del’organisation sociale se sont accompagnés d’un changement de mentalités pas toujours positif.

Si l’ouverture vers l’extérieur a été un point de depart dans l’acquisition de savoirs et savoirs faire nouveaux, elle s’est accompagnée d’un flétrissement certain des moeurs se caractérisant par une diminution très sensible de l’ACHEKK et de l’altruisme, ce qui avec la mondialisation met la société kidalienne sur le starting block de la course vers le capital et une défection de plus en plus visible des liens sociaux.

B) La Rupture écologique:

En 1973, la sécheresse de l’air a entraîné la rarefaction des pluies et des pâturages, ce qui a occasionné  une hécatombe dans le bétail de l’Adagh. Ainsi la richesse animale a chuté de plus de la moitié. L’élévage du boeuf a atteint le point zéro comme celui du cheval. Le premier a connu un retour timide à partir des années 1990 seulement. Les ressources naturelles en faune et flore de la région ont connu un coup dur duquel elles ne se sont plus rémises.

En effet, si certaines populations ont sensiblement diminué en nombre, d’autres ont complètemnt disparu. Le gommier se résume aujourd’hui à quelques individus perdus dans les vallées les plus inaccessibles. De même, l’Acacia albida. La couverture végétale même en hivernage se rarefie à mesure qu’on va vers le Nord.

Des espèces comme les gazelles l’Adax, Dorcas, l’autruche ont complètement disparues aux abords des années 80. Il en est de même pour les singes que quelques individus isolés de macaques dans le massif du Tigharghar; dans les oueds de Telabbit et Tessalit. Le même sort est peut être réservé au moufflon des massifs du Tigharghar(Tessalit) et Timadjlalène(Telabbit).

L’une des conséquences de la rupture écologique aujourd’hui est le manque de combustibles. Kidal et Tessalit manquent cruellement de bois de chauffe, car n’ayant presque plus d’arbres. Dans les années 80 à 90, la région de Gao a « mangé » son bois avant de commencer à le chercher à coup de camions dans le secteur de Anéfis (120Km au sud de Kidal) et au délà. Ce qui a accéléré la disparition du bois de Kidal.

Aujourd’hui, le sac de charbon à Kidal coûte entre 6000 et 7500f CFA contre 3000 il y a quelques années. Pire, il arrive des moments où on ne l’a pas sur le marché, car provenant de Gao!

Des mesures palliatives s’imposent, sinon les populations de la région, vont s’abattre sur les très fragiles ligneux qui restent pour les transformer en charbon. Il faut une politique régionale de reboisement adéquate(PREPARER EN REBOISANT) et en même temps, vulgariser l’utilisation du gaz Butane, car le Voisin algérien peut sauver la situation, grand producteur de son Etat et soucieux de l’avenir de cette région! 

21 septembre, 2007

La langue »Tamachaqt de l’Adagh »

Classé dans : culture — ibrahim ag mohamed @ 15:42

La Langue “Tamachaqt” de l’Adagh

C’est une langue d’origine sémitique, apparentée au kabyle et au bèrbere.Elle est très proche de celles parlées par les Tamacheq de Gao, du Gourma, les Ioulimiden de Ménaka et dans une certaine mesure les Tamacheq du Niger et ceux du Hoggar en Algérie. Elle est très poétique, ce qui explique que les poètes kidalruines2101.jpgfadimat.bmpet les musiciens tamacheqs les plus éminents soient de l’Adagh.

L’écriture utilisé par les Kel Adagh, s’appelle le “tifinagh” qui est un ensemble de graphèmes à valeur consonantique. Elle n’admet que 2 voyelles: [”ou”] et [”a”] et une semi-voyelle:[”y”]. Aujourd’hui, elle est très peu écrite. Et pourtant, elle peut être d‘un grand apport à l’enfant qui va fréquenter l’école publique moderne, tant pour la maîtrise de l’écriture, de l’espace que du calcul.

On pense aujourd’hui que le tifinagh est né de l’écriture phénicienne. Cependant, force est de constater que sans vouloir faire de ce peuple des grecs ou des latins, des traces de ceux-ci abondent dans la langue parlée et dans l’écrtiture. Mes recherches personnelles m’ont améné à me poser un certaines questions sur le vocabulaire tamacheq. En ayant consulté  le Larousse, des pistes se sont dessinées. Se sont pour moi donc des hypothèses et les soumet au public en tant que telles.

Prenons un certain nombre de mots en exemple. La liste est très loin d’être exhaustive.

Abjurer:  Du latin, Abjurare: rénier avec serment donne en Tamacheq”Abadjar“, se dit surtout d’une mère qui a tendance à fuir son petit.

Haras:  Peut être, du scandinave: Hârr; qui a le poil gris. “Aharr”en tamacheq(lion)?

Immanent(te):  Du latin scolastique, de Immanere:”résider dans”, se dit de ce qui est contenu dans la nature d’un être. “Iman”(âme) en tamacheq?

Ami: Latin, amicus, amica. “Amidi”(ami) en tamacheq?

Amour: latin Amor. “Amayar” (chérir) en tamacheq?

Ange:  Du latin ecclésiastique, Angelus; Grec Aggelos. “Andjelos”(Ange) en Tamacheq?

Boule: latin, Bulla. “Abillagh”(boule) en tamacheq?

Aile: latin, ala: …Botanique, nom donné aux pétales de la fleur des papilionacées. “Ala”(feuilles d’un végétal) en tamacheq?

Anachorète: du grec, Anakhôrein(s’éloigner). réligieux: celui qui vit dans la solitude; celui qui mène une vie très rétirée. “Ankkar”(animal qui s’isole du troupe) en tamacheq?

Courbe :( latin:curvus)=.En Tamacheq: « akorf », pluriel: « Ikorfan »: anse(s) en demi-cercle.

Couple: (latin: copula). En tamacheq: « akubbil »(s’associer, former un tout, se réunir)

Agnat: (du latin, ad: près de et natus :né), celui qui descend d’un même ancêtre de sexe masculin, « Agna « en tamacheq qui veut dire frère

19 septembre, 2007

La question d’esclavage et de vassalité

Classé dans : culture — ibrahim ag mohamed @ 15:42

Des questions comme celle de l’esclavage font verser beaucoup d’encre surtout quand on les évoque au 21e siècle.

La « tikiliya« (esclavage) et la « Timaghada« ( nous allons l’appeler vassalité)-jadis exercée sur les fractions Imghad- sont deux phénomènes pas loin l’un de l’autre ayant existé jadis dans l’Adagh.

Aujourd’hui, on ne peut parler de l’esclavage dans l’Adagh sous sa forme primaire connue jusqu’à la lisière de l’indépendance  du Mali. Les Kel Adagh doivent pourtant  gérer des séquelles  sérieuses de ce phénomène. En effet, il n’est pas rare qu’un ancien »maître » du père ou de la mère d’un enfant, ignorant toutes dispositions de la loi publique et surtout collé au textes islamiques,  vienne enléver ce dernier pour en faire le petit berger. Nous avons eu connaissance d’un cas(garçon) en 1993 à Kidal; d’un cas en 2001(femme), à Kidal, d’un cas à Aguel’hoc(fillette) en 2007 et d’un autre cas très récent(garçon) qui n’a pas connu encore son épilogue.

Il faut signaler que ces cas sont les faits d’individus très conservateurs, mais relèvent quand même de violations des Droits de l’Homme et en particulier de ceux des enfants.   Ce sont ainsi des délits que ceux qui veillent sur la loi doivent punir comme tous les autres délits. Cependant, seul, des hommes armés de leur simple bonne volonté ou de leur humanisme s’en sont occupé. Je citerai le très respectable Wadossène Ag Simitalla, 1er Député élu à Kidal sous le multipartisme, qui est intervenu dans le cas de la femme cité plus haut.

La « vassalité » elle aussi n’existe pas ou existe peu sous sa forme d’antan.

La majorité des sequelles se trouvent au niveau de l’esprit; d’abord les complexes(d’infériorité ou de supériorité ) qui font que devant des questions pourtant importantes de la vie sociale, politique  et économique, on pense et le manifeste souvent que tel ou tel individu n’a pas le droit et n’est pas habilité à en parler ou à en être l’acteur principal.

Certains de ceux qui sont descendants d’anciens esclaves ou de vassaux le pensent également(complexe d’infériorité)

Les sources d’esclaves jusqu’au 20 e siècle:

La majorité de ceux qui furent esclaves dans cette région y sont arrivés à la suite de razzias et de rapts dans certains cas individualisés. Les auteurs de ces activités vendaient leur « buttin » contre des chamelles. Ces collis vivants étaient des enfants des Songhoi, des bambaras, des peulhs et même de mossis.

Ces peuples qui n’ont jamais su ou voulu pourchasser ceux qui volaient leur proginuture ont aujourd’hui comme un certain mépris à ceux qu’ils appellent péjorativement »les Bellas ».

Au debut du 20e siècle, après terrible défaite des Iwillimiden face aux Maures, ces derniers se sont acharnés sur ce qui restait comme biens,  esclaves et fractions dépendantes de leurs adversaires qu’ils ont révendus à travers tout le Sahara. Beaucoup de « Kel Tamacheq Noirs« (  comme ils veulent se nommer aujourd’hui) de la région de Kidal, sont des descendants des fractions « Iboghilliten« , « Kel Talmen« (Populations de contact entre blancs et noirs), très proches des Chamanamas avec qui probablement ils furent parmi  les premiers Kel Tamachaqt à habiter dans la « zone du fleuve » en provenance de l’Adagh.

Si les anciens vassaux sont bien organisés en fractions, tel n’est pas le cas des « Kel Tamachaqt Noirs « désseminés entre les différentes fractions et dans les quartiers des villages.

A l’heure actuelle, il existe une association pour la promotion des Droits Humains et de lutte contre les pratiques qui leur portent atteinte. Elle s’appelle TEMEDT,qui veut dire en Tamacheq »Lien de Sang« . Elle a une envergure nationale sinon internationale et s’ancre progressivement dans les régions du Nord Mali pour le mieux être des « Kel Tamachaqt Noirs »

Ces populations qui ne sont pas encore tout a fait épanouies totalisent un grand nombre de cadres et intellectuels qui constituent un atout majeur pour le dévéloppement de la région de Kidal.

Aujourd’hui, l’Adagh a besoin de tous ses fils pour amorcer un développement qui ne se profile même pas à l’horizon. Pour ce faire, il faut que la société de Kidal (notamment les cadres et chefs traditionnels) fasse son « VERITE ET RECONCILIATION », se detache du passé pour envisager l’avenir sereinement.

10 septembre, 2007

Présentation de l’ »ADAGH »

Classé dans : culture — ibrahim ag mohamed @ 15:42

L’Adagh, encore appelé « Adrar des Iforas » est la 8e région administrative de la République du Mali. Son territoire couvre 260 000 Km2 dont 150 000 occupés par le massif de l’ADAGH qui a donné son nom à la région.

Ce massif montagneux est jalonné d’oueds(cours d’eau très temporaires) qui se gonflent d’une eau jaunâtre et souvent violente que le soleil et le vent dissipent quelques heures après.

Ils(ces oueds) ont fait partie du réseau hydrographique du Niger préhistorique.

La population est composée des Kel Tamacheq(le plus souvent désignés par le mot « Touaregs »), des maures, des sédentaires songhoï et bambaras.

La société était jusqu’au 20e siècle très hiérarchisée avec d’une part une classe dite « noble » et des classes de « vassaux », d’ »esclaves » et de « forgerons » d’autre part. Cette classification n’existe pas aujourd’hui sous sa « forme dure », mais continue pourtant de péser sur l’évolution politique , sociale et économique de la région: certaines catégories sociales n’ont pas facilement accès au pouvoir politique et économique, même avec l’avènement du Mali démocratique.

L’Adagh, du 17e au 20e siècle a attiré la convoitise de ses voisins pour son bétail très nombreux et de bonne qualité.Les songhoï, les Kel Ahaggar, les Kel Ayar, l’ont toujours razzié.

Les « Kel Adagh » anciens furent des hommes braves et généreux, car dans leur philosophie, les deux allaient de pair. Les ccomportements de tous les jours étaient régis par « l’ACHEK », une sorte de constitution ou loi tacite, volonté de toute la société qui était individualisée grâce à l’éducation reçue. Cette loi faisait qu’un homme ne pouvait pas maltraiter une femme, voler, mentir ou accomplir tout acte avilissant.

les gardiens de cette « constitution » étaient les poètes(« Kel Tisiway ») qui magnifiaent les beaux actes accomplis et étalaient au grand public les actes répréhensibles ou déplacés posés par tel homme ou telle femme.

Les femmes constituaient les autres gardiennes de moeurs et de la sociabilité, donc de la société.

C’est pour quoi, le plus souvent, les hommes aiment dire  à haute voix cette phrase:["War-t-esilnet"] qui veut dire littéralement: »Elles ne l’entendront pas », pour ajouter ensuite « que j’ai fait tel acte répréhensible ». L’["ACHEK"] excluait dans cette société la « non assistance à personne en danger » ou à plus faible que soit.

Le respect de l’autre se muait en honte de poser certains actes en sa présence: manger ou boire devant son beau père ou sa belle mère ou même devant un e femme si on est un garçon majeur et inversement si on est une fille majeure.

C’est pour quoi il était fréquent de voir le tamacheq en présence des gens passer souvent la nourriture en dessous de son turban pour la porter à sa bouche.

De même certaines évocations considérées comme manque d’égard à l’autre sont évitées. On ne dira pas par exemle »je vais chier »,  mais plutôt: »je vais en brousse ou je vais derrière les tentes . »

La force de l’["ACHEK"] explique l’attention particulière accordée aux femmes et aux enfants.

La société « Kel Adagh », une société individualiste, mais très solidaire:

Même quand les liens de sang sont très forts, les gens de l’Adagh n’habitent pas toujours le même lieu et ne se voient pas forcement tous les jours. On s’informe sur l’autre à distance, pourvu qu’il soit bien portant.

Un e place de choix est reservée à la propriété privée et à l’individu. Les travaux collectifs sont rares. L’adulte, l’enfant, la femme, l’homme, chacun a le droit d’avoir son propre bien et d’en disposer comme il l’entend.

Dans cette région qui vit essentiellement d’élévage, l’enfant comme sa mère possède des chèvres, moutons ou chameaux selon les moyens de la famille. Il peut les offrir ou les revendre sans contrainte.

Dans l’Art, la littérature, la chanson, la propriété intellectuelle même si elle ne fait pas l’objet de lois écrites, est reconnue et respectée.

Il existe il est vrai des chansons populaires ou des chansons tombées dans le domaine public au fil des ans et d’usage. Cependant, toute chanson emane d’un artiste et est reconnue telle. Ainsi, rien qu’à en entendre le debut, on peut reconnaître la chanson et son auteur. La voix et le Style de Alqarinat( chanteuse de Kidal) dans la chanson sont différents de ceux de Wayka d’Aguel’hoc. Les sanglots du violon aux airs mélancoliques de Tandhari de Telabit ne sont à nuls autres pareils.

En poésie, l’humour de Afanayya Ag Akly contraste d’avec le style grave et serieux de Akhmoudène Ag Akhmid. Ces deux derniers( des années 1960 et 70) se distinguent aussi de Hako et de Lalla walet Medy(plus recents).

Les grands flûtistes comme Akly( de Tessalit) et Seyyat(de Telabbit) se distinguent l’un de l’autre par le style et les compositions.

L’homme »Adaghien » a pour premières proriétés son arme blanche ou à feu, son chameau et son troupeau. La femme a en propriété privée: ses bijoux, sa tente, et souvent son chameau(lorsque la bourse de ses parents ou celle de son mari le permet).

La solidarité se manifeste surtout dans les moments difficiles: lors des événements sociaux comme les mariages, baptêmes, decès et des catastrophes naturelles(innondations sécheresse, famine…) A ces occasions, on offre des biens matériels ou des animaux et le reconfort moral.

Les["Tiyyaten"] désignent des animaux laissés à l’autre, généralement moins nanti que soi, qui va traire leur lait pendant une période indeterminée.

La solidarité se manifeste beaucoup en temps de guerre. Les Kel Adagh ont toujours fait face à l’ennemi entant que tribu. Quand on parle de fractions guerrières: Ifoghas, Ibatanaten, Idnan, en réalité, ces noms masquent les nombreux guerriers et non guerriers qui contribuent d’une façon ou d’une autre des fractions Imghad, Igdalan, Chibil, les esclaves et les forgerons.

3 septembre, 2007

Bonjour tout le monde !

Classé dans : culture — ibrahim ag mohamed @ 15:42

Je suis heureux de partager avec vous mes modestes connaissances sur la culture et la société « Kel Adagh » dont je suis issu. Grâce à UNBLOG, formes achévées de la liberté d’expression, nous allons pouvoir aider à bâtir une image que nous voulons juste et profitable pour le développement de cette partie du Mali.

Les thèmes très variés de mes articles vont porter sur la société la langue, la culture, les habitudes et croyances anciennes et celles d’aujourd’hui.

Nous évoquerons au fil du temps, les potentialités naturelles, humaines et sociales dont dispose l’Adagh et qui peuvent aider pleinement à son dévoloppement. Je souhaite que vous mes laissiez des commentaires, remarques et suggestions.

Merci d’avance!

 

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